La longue file de camions n'est plus qu'un amas de métal calciné et de plastique fondu. L'incendie criminel qui a détruit dans la nuit de mardi à mercredi un tiers de la flotte d'Avantages Services a porté un très mauvais coup à cette entreprise de dépannage de voitures et de poids lourds basée à Buc, non loin de Versailles.
Au milieu des débris, le patron d'Avantages Services, Jean-Pierre Couellan, oscille entre colère froide et abattement. A l'été 2008, il avait essuyé un sinistre équivalent. Cette fois-ci, l'incendie a aussi endommagé le garage attenant qui lui appartient : « Le toit et les murs sont touchés, je dois mettre neuf employés au chômage technique. En ce qui concerne la société de dépannage, ça sera probablement pareil pour quatre ou cinq dépanneurs. »
« Les incendiaires savaient parfaitement ce qu'ils faisaient »
Le précédent sinistre de 2008 - également d'origine criminelle - avait causé environ 1 million d'euros de dégâts. Cette fois-ci, ce sera plus : « Ils ont attaqué nos plus gros engins, y compris un camion-grue spécialisé pour dépanner ou relever les poids lourds sur les autoroutes, un engin qui coûte 475 000 ¤.... Les incendiaires savaient parfaitement ce qu'ils faisaient. » Sur les bandes de vidéosurveillance, le patron pense avoir distingué deux individus encagoulés qu'un complice attendait probablement dans une voiture : « Ils ont agi en moins de cinq minutes, ils ont aspergé les sept véhicules avec de l'essence et tout s'est enflammé en un clin d'oeil. » C'est un vigile d'une société voisine qui a alerté les pompiers vers 4 h 40. Jean-Pierre Couellan s'inquiète à présent pour l'avenir de son groupe qui emploie 54 personnes à Buc, Achères et aux Ulis (Essonne) : « Nous sommes en pleine période d'appel d'offres pour le marché autoroutier. Si on rate l'opportunité à cause de cet incendie, on perd cinq ans de recettes autoroutières. J'espère obtenir une entrevue avec la préfète des Yvelines pour trouver une solution. »